Articles récents Les Pénélopes, un féminisme politique 1996-2004

Les Pénélopes créées en 1996 fut la première agence de presse féministe mondiale. Dix ans après la fin de cette belle histoire, deux des fondatrices ont eu envie de partager leur passion de transmettre.

Les Pénélopes: l’agence de presse

L’idée d’une agence de presse féministe est partie du constat  récurent que l’on peut encore dresser aujourd’hui : le manque d’intérêt des médias pour tous les sujets femmes. Ainsi la quatrième Conférence mondiale de l’ONU sur les femmes qui avait réunit plus de 30 000 personnes dont 5 000 représentant-e-s de 2 100 ONG du monde entier, en septembre 1995 à Beijing, avait été extrêmement peu traitée. De même, le 25 novembre 1995, à l’appel de 140 organisations, 40 000 personnes défilent à Paris pour défendre les droits des femmes et là aussi, silence radio !

En 1995, il n’existe aucun média féministe. «La question des médias et de la communication en général ne se posent pas dans le milieu féministe », explique Joëlle Palmieri, une des trois fondatrices des Pénélopes, «la communication n’est pas un outil stratégique de lutte pour les féministes françaises.»

Les collaboratrices qui ne sont pas toutes journalistes – elles sont tout autant aides-soignantes, secrétaires, étudiantes que géologues ou encore astrophysicienne et urbaniste – se revendiquent d’un féminisme de lutte et non institutionnel. Toute l’équipe est bénévole.
Tout de suite, il y a un fort parti pris international de leur part.

Les Pénélopes publient 75 brèves, de nombreux articles, un dossier thématique et une tribune chaque mois. « Les éditos prenaient à partie les guerres en cours, le sexisme ordinaire des mouvements sociaux, des institutions, de la vie quotidienne… les brèves relataient les faits, l’actualité internationale du patriarcat, en Afrique, Amérique Latine, en Amérique du Nord, en Asie, en Europe, au Porche Orient. L’horreur et les luttes qui font le quotidien des inégalités femmes/hommes» précise Joëlle Palmieri.

Elles organisent également des formations sur l’usage stratégique des nouvelles technologies de l’information en France et dans plusieurs pays de l’Est : Serbie, Croatie, Macédoine, République tchèque, Bulgarie.

Les Pénélopes montent également des événements, principalement des colloques sur l’usage des nouvelles technologies par les féministes, sur les nouveaux médias et les femmes mais également sur les alternatives que représente et que propose l’économie sociale et solidaire.

Sur Canalweb, première TV retransmise sur internet, elles vont réaliser 52 émissions d’une heure en direct, incluant des JT et des talk show. Elles font aussi des émissions de radio sur le net, croisant des voix de femmes d’Europe de l’Est et de l’Ouest.

Le site deviendra trilingue : français, anglais et espagnol.

En 2000, le site des Pénélopes, reçoit le prix Agros-Lewis Carrol.

Et puis, le sujet du voile, entre autres, les divisent. Les activités des Pénélopes s’arrêtent à la fin de l’année 2004  (1).

Les Pénélopes : le livre

Le livre est structuré en trois parties :

A sexisme ordinaire féminisme de base.
Non, c’est non !
Alterféminisme de tous les pays…

Elles correspondent aux trois piliers des actions des Pénélopes.

– Le privé est politique et le féminisme est en soit une proposition politique.
– Toutes les formes de violences de genre sont produites par un système de domination croisées s’appuyant sur le patriarcat,
-Il est impératif de mettre en exergue les luttes portées par les femmes dont l’objet est de viser un mieux immédiat.

Les autrices du livre, Joëlle Palmieri et Dominque Foufelle ont sélectionné un grand nombre de brèves et de tribunes de l’époque des Pénélopes et publié de nouveaux articles écrits par 11 femmes et 1 homme, de 28 à 64 ans dont une Bulgare, une Colombienne, une Australienne, une Suédoise et une Congolaise.

Les Pénélopes ont voulu croiser leurs points de vue avec ceux des femmes qui lisaient les Pénélopes et ceux des femmes et hommes qui ne connaissaient pas alors le média.

« Force et de constater que dix ans après la fin de nos activités, tous les sujets sont d’actualité. Les systèmes de domination se multiplient. Je dis souvent, aujourd’hui, il ne faut pas vraiment bon de vivre jeune femme noire, pauvre et lesbienne » conclut Joëlle Palmieri.

Caroline Flepp 50-50 magazine

1 L’agence de presse RITIMO publiera les archives du site web des Pénélopes en 2015.

Les Pénélopes, un féminisme politique 1996-2004. Joëlle Palmieri et Dominique Foufelle. Préface de Geneviève Fraisse. 2014

Pour se procurer le livre:

Chèque à l’ordre de Joelle Palmieri. Prix 20 €. Frais de port en sus

7, avenue de la Libération, 83136 Néoules France. penelopespolitiques@gmail.com