Non classé Egalité femmes-hommes dans les programmes 1/3 Le politiquement correct fait consensus

Avant le premier tour de l’élection présidentielle, vous hésitez encore sur le choix de la candidate ou du candidat dont le nom figurera sur le bulletin que vous glisserez dans l’urne ?
Avant d’entendre la formule consacrée et attendue « a voté », si vous faisiez votre choix sur la façon dont les candidat-e-s intègrent la question de l’égalité femmes-hommes dans leur programme ?

Tous et toutes pour l’égalité ?

Dans une étude qui vient d’être publiée, les membres de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes ont synthétisé les propositions des candidat-e-s (*) et fait ressortir les grandes tendances.

Leur première observation : tous les candidat-e-s semblent savoir que les inégalités entre les femmes et les hommes persistent. Ils et elles sont au courant que les salaires des femmes sont inférieurs de 27% à ceux des hommes, que les femmes sont largement majoritaires à occuper un emploi à temps partiel, à être cheffe de famille monoparentale ou à faire deux fois plus de tâches ménagères que les hommes.

Des actions unanimes

Ce consensus en matière de constat appelle un consensus pour un certain nombre d’actions à mener. Dans son communiqué de presse, l’Observatoire note qu’il y a même des actions sur lesquelles il y a unanimité :

– limiter le cumul des mandats pour un renouvellement des élu-e-s,

– s’assurer de la bonne application des lois existantes pour une réelle égalité professionnelle,

– augmenter le nombre de places en crèche pour faciliter l’articulation vie professionnelle et familiale,

– améliorer la mise en œuvre des dispositifs existants pour lutter contre toutes les violences à l’encontre des femmes.

Il faut reconnaître que ces thèmes ne prêtent plus vraiment aujourd’hui à la polémique.

Il y a toutefois un sujet sensible, l’interruption volontaire de grossesse, qui peut encore susciter de nombreuses controverses. Il n’aura pas manqué ce rendez-vous électoral avec les « IVG de confort », avancées par Marine Le Pen. Néanmoins, et la nouvelle est suffisamment étonnante pour la mentionner, la candidate du FN a déclaré au Forum Elle le 5 avril dernier qu’elle était attachée personnellement au droit à l’IVG et à la sensibilisation à la contraception.

Un sujet électoralement important

Il est désormais politiquement correct et électoralement important – les femmes représentent 52,6% de l’électorat (Insee 2011) – d’avoir quelques lignes de son programme dédiées à la question.

Parce qu’il y a une vie après l’élection présidentielle, les futures politiques en faveur de l’égalité pourraient être adoptées à une large majorité, quelque soit l’issue des élections législatives.

Toutefois, l’égalité entre les femmes et les hommes s’est invitée dans la campagne présidentielle faute d’y avoir été conviée spontanément par les candidat-e-s eux-mêmes ou souvent sous l’impulsion des plus convaincus au sein de leur parti. 

Grâce notamment aux événements créés par des associations, comme les Féministes en mouvement, le 7 mars à La Cigale ou par le magazine Elle, associé à Sciences Po Paris, le 5 avril, certains candidat-e-s ont accepté de se pencher sérieusement sur la question.

Mais tous et toutes n’ont pas eu les mêmes efforts à faire. Il y a celles et ceux pour qui l’égalité est une langue maternelle, ceux qui sont en cours d’apprentissage et qui boivent parfois la tasse dans les piscines et puis, il y a celles et ceux qui ne sont pas très doués pour les langues.

Alors quelle traduction de l’égalité dans les programmes ?

Comme le relève l’étude de l’Observatoire de la parité, deux grandes tendances de politiques d’égalité co-existent : celles visant spécifiquement les femmes et notamment les mères et celles favorisant un partage des responsabilités entre femmes et hommes. En bref, il y a les candidat-e-s qui voient encore dans chaque femme une mère en puissance et celles et ceux qui y voient l’égale de l’homme.

L’égalité progresse… mais lentement.

Articles à venir :
Le 18 avril : « Les femmes, surtout des mères pour la droite »
Le 19 avril : « La gauche pour une société sans stéréotypes »

EGALITE

(*) Sur les dix candidat-e-s, seule Marine Le Pen n’a pas répondu au questionnaire.

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