DOSSIERS \ Austérité : les femmes renvoient la facture. Droits des femmes dans les Balkans : une histoire confisquée

Tijana Okic vit à Sarajevo où elle enseigne la philosophie à la faculté des lettres. Elle présente la situation actuelle dans les Balkans et en particulier en Bosnie-Herzégovine, montrant les liens entre tous les systèmes de dette qui ont emporté les droits des femmes. Une réflexion, une analyse rarement entendues.

Les droits des femmes existaient en Yougoslavie. « Comment comparer ce qu’on a eu en Yougoslavie et ce qu’on a perdu aujourd’hui ? » questionne-t-elle, « mais on a la conscience de toutes les choses qu’on a eu. » Elle ajoute que dans les Balkans « il y a de l’espoir et des initiatives, pas exactement officielles. » Il y a aussi des lieux d’enseignement féministe, nous précise-t-elle, qui se sont ouverts à Sarajevo comme Žarana Papić School of Feminism ou encore Rosa Luxemburg Stiftung ainsi que dans d’autres villes des Balkans.

Les propos de Tijana Okić nous montrent la force de la résistance qui s’organise dans les Balkans, contre la privatisation, contre la réécriture de l’histoire. Elle refuse la neutralisation des tissus sociaux et des droits des femmes. Son analyse est portée par le désir d’en comprendre les causes ; ainsi de montrer comment les outils de la dette prennent différentes formes pour obtenir toujours les mêmes résultats, c’est à dire l’appauvrissement des populations et l’élimination des droits dans un rapport de reproduction/production dont les femmes sont les premières victimes.

Tijana Okić est la voix de la lutte féministe, lutte qu’elle qualifie de socialiste pour l’émancipation de tou-te-s.

 

 

Interview réalisée par Brigitte Marti et Marie-Hélène Le Ny 50-50 magazine

 

 

 

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