Articles récents \ France \ Économie «TOUSTES» REUNI.ES POUR L’EGALITE : CEREMONIE ANNUELLE DU CLUB EGALITE DES ALPES-MARITIMES

Le 15 novembre se tenait à Nice la cérémonie annuelle du Club Egalité. Le Club Egalité des Alpes-Maritimes a été créé le 20 janvier 2015 par Alter Egaux et la Délégation aux droits des femmes de la Préfecture des Alpes-Maritimes, pour accompagner la loi du 4 août 2014 «pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes», à l’échelle départementale. Il est placé sous le haut patronage de Marlène Schiappa. Sa présidence est assurée par Georges-François Leclerc, préfet des Alpes-Maritimes et Renaud Muselier, Président de la Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur. Pour cette quatrième édition, la cérémonie du Club Egalité a su mobiliser plus de 300 personnes. À l’occasion de cette soirée, nous avons rencontré Anne-Gaël Bauchet, directrice d’Alter Egaux, à l’initiative de ce projet. 

Comment est née l’initiative du Club Egalité ?

Tout d’abord je voudrais rappeler qu’Alter Egaux est une SCOP (1) de conseil en égalité qui agit auprès de collectivités, d’associations et d’entreprises. Le club égalité est une création d’Alter Égaux, j’ai imaginé le format en réfléchissant à la recette idéale pour faire avancer l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. J’ai pensé approche systémique, intelligence collective, partage et collaboration, émulation et bouillonnement d’idées, besoins du terrain et mutualisation de compétences.

C’est une collaboration unique, au niveau départemental, entre le public et le privé sur cette thématique. Sa mise en place a-t-elle rencontré des difficultés ?

Le club égalité est né également d’une rencontre, avec la déléguée aux droits des femmes nouvellement nommée. Elle était curieuse de tout et en demande d’innovation, elle a immédiatement compris le modèle du club égalité et son format prometteur. Elle s’en est emparée tout de suite et a engagé l’État dès l’origine pour faire naître le club et lui donner les moyens de se développer. La région Sud Paca a également été d’un grand soutien au démarrage. L’engagement très fort de l’État aux côtés d’Alter Égaux a donné une légitimité immédiate au club et le réseau d’Alter Égaux s’est structuré autour de ce partenariat public privé.

Quels sont ses objectifs ?

Les objectifs du Club Egalité se résument en quelques points :

  • Créer une approche transversale et territoriale pour mettre en place les conditions du                                       changement.
  • Comprendre les enjeux et connaître les outils existants pour agir.
  • Définir une ligne de programmation et un plan d’actions.
  • Mutualiser les moyens pour rendre le plan d’actions opérationnel.
  • Faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.
  • Dynamiser le tissu économique et la compétitivité des entreprises.
  • Améliorer la qualité de l’emploi des femmes.

Notre volonté est de faire évoluer les pratiques managériales, rendre les équipes opérationnelles plus performantes, contribuer au bien-être au travail, faire émerger les talents et favoriser la mixité des métiers… Toutes et tous mobilisent leur créativité, leurs expériences, leurs convictions et leur enthousiasme pour faire concrètement progresser la mixité et l’égalité entre les femmes et les hommes dans notre département.

Quel est le nombre d’organisations et de personnes ayant rejoint le Club Egalité depuis sa création ?

75 organisations publiques et privées dans tous les domaines de la société : TPE, PME, multinationales, institutions et collectivités publiques. Nous sommes dans les champs de la petite enfance, de l’éducation, de l’enseignement, de la parentalité, des politiques publiques de l’emploi et du travail, du social, de l’environnemental, de la Recherche et Développement, de l’industrie, du secteur bancaire, du numérique.

Comment expliquez-vous cette réussite ?

Nous proposons une plateforme collaborative où chacun.e a le pouvoir réel de participer à l’évolution des pratiques et à la production de nouveaux outils. Nous donnons à toutes et tous le pouvoir d’agir et de changer les choses autour d’actions concrètes, qui font sens et dont nous mesurons à court terme l’efficacité et l’impact. Le succès de l’ensemble repose aussi sur l’approche transversale à l’ensemble de la société : pendant que certain.es travaillent à produire des outils favorisant la place des pères au travail, d’autres créent des ateliers pour promouvoir le numérique auprès des enfants et aider les filles comme les garçons à rêver sans préjugés, d’autres encore réinventent les salons et forums de l’emploi pour promouvoir tous les métiers sans clichés. C’est cette double approche (le pouvoir d’agir et la conscience que d’autres agissent en simultané partout, tout le temps) qui fait l’ADN du Club Egalité et donne envie aux membres de s’investir sans relâche. Et le mode opératoire du Club a séduit, le Club Egalité est construit sur un mode collaboratif pur, ce sont les membres du Club qui définissent en début d’année le plan d’action en fonction de leurs besoins et qui construisent les solutions. Alter Egaux sert de catalyseur.

Quels sont les avantages pour les entreprises à rejoindre le Club Egalité ?

Il est pluriel, les entreprises de plus de 50 salarié.es ont des obligations de travailler sur l’égalité f/h. Les outils créés par les groupes de travail sont mutualisés, les structures membres ont donc accès à tous les outils produits. Thalès, par exemple, travaille à la construction d’un module de sensibilisation pour les managers sur les atouts de la mixité au travail, l’entreprise a donc accès à l’exposition sur la place des pères au travail, à la campagne de sensibilisation “le sexisme nuit gravement à la santé de l’entreprise», à des berceaux pour ses employé.es dans des crèches garantissant un accueil de l’enfant sans stéréotype, etc. C’est véritablement un cercle vertueux et exemplaire qui se crée dans les Alpes-Maritimes, avec des moyens productifs impressionnants puisque les membres du Club travaillent à la construction des outils.

Alors qu’un plan d’action avait été fixé pour 2016, pourquoi en avoir étendu un aux années 2017-2020 ?

Le plan d’action est évolutif, en fonction des avancées législatives, des membres qui entrent, des priorités, etc. Il n’est pas figé. Par exemple, Alter Egaux souhaitait dès 2016, travailler dès la petite enfance, pour aider les enfants à se construire sans stéréotypes, plutôt que de toujours corriger. Mais nous n’avions pas encore les structures de la petite enfance autour de la table, nous ne faisons pas à la place de, nous faisons émerger des besoins en expliquant aux membres les mécanismes en œuvre, les points nœud et les leviers d’actions. A eux ensuite de s’en emparer et de construire les outils dont ils ont besoin.

Pour rejoindre le Club Egalité, il faut signer la charte d’adhésion. Y a-t-il d’autres obligations à remplir ?

En fait, jusqu’à présent il n’y avait aucune formalité, nous avions souhaité un format léger pour permettre à chacun.e de pouvoir participer aux travaux sans autre obligation. Mais nous souhaitons maintenant ancrer les valeurs du Club Egalité et inciter les membres à formaliser leur adhésion autour d’une charte qui rappelle le cadre légal et engage les organisations à respecter, à minima, les obligations, ce qui fait cruellement défaut dans les Alpes-Maritimes comme ailleurs en France. Les lois existent, elles garantissent un environnement de travail sans sexisme, sans inégalités et sans discriminations. On en est loin. Aujourd’hui, toutes les organisations membres du Club ont conscience que l’environnement de travail est une part importante du bien-être, de la motivation, de l’attractivité et de la performance. Je pense qu’elles ont conscience que le cadre légal est un atout qui les protège et leur garantit de meilleures conditions de travail. Cette charte sera signée le 8 mars 2019.

Que se passe-t-il en cas de non-respect des engagements par les membres ?

La charte reprendra l’esprit du Club et les obligations légales, notamment celle d’inscrire dans le règlement intérieur l’interdiction des comportements sexistes. La charte n’a pas d’autre fonction que de proclamer les valeurs de l’entreprise ou de l’organisation et d’appeler à une culture commune au travail, respectueuse de toutes et tous.

 

Propos recueillis par Hugo Tetu 50-50 Magazine

Vidéo de présentation du Club Egalité

(1) SCOP : société coopérative et participative

Photo de gauche à droite : Audrey Sintes, Adjointe à la déléguée aux droits des femmes et à l’égalité, Prune de Montvallon, Directrice du CIDFF06, Natacha Himelfarb, Déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité, Franck Vinesse, Sous-préfet des Alpes-Maritimes, Florence Tressols, IBM, Sandra Tanguy, Enedis, Anne-Gaël Bauchet, Directrice d’Alter Egaux, Damien Francheteau Fondation de Nice, Sophie Raisin, vice-Présidente de l’Université Nice Côte d’Azur, Arlette Vilani, Directrice Pôle Emploi Antibes

Imprimer cet article