Non classé Le pôle égalité de l’équipe Hollande l’appelle à des propositions concrètes

Au quatrième étage du siège de campagne de François Hollande, rue de Ségur, à Paris, le pôle égalité femmes-hommes a pris toute sa place. A sa tête, la bouillonnante élue marseillaise, Marie-Arlette Carlotti, conseillère générale des Bouches-du-Rhône et conseillère régionale de la région Paca.

Une dizaine de femmes le compose dont Fatima Lalem, adjointe au maire de Paris en charge de l’égalité femmes-hommes et Geneviève Couraud, ancienne déléguée femmes du PS, actuelle responsable de l’Observatoire des droits des femmes des Bouches-du-Rhône.

On y trouve également d’autres élues très engagées, la sénatrice Michèle André, la députée Danièle Bousquet ainsi que deux hommes, Romain Sabathier, attaché parlementaire de cette dernière et Jérémy Sebbane, chef de cabinet de Fatima Lalem.

Il y a des pôles sur différentes thématiques rue de Ségur, mais Marie-Arlette Carlotti insiste bien sur le fait que l’égalité femmes-hommes n’est pas une thématique puisqu’elle concerne la moitié de la société.

L’équipe du pôle a rencontré de nombreuses associations, intellectuel-le-s, chercheuses et chercheurs, afin d’affiner ses argumentaires, ses propositions, ses positions.

Son objectif est de placer la question de l’égalité entre les femmes et les hommes au cœur du débat présidentiel, ou plutôt de l’imposer, tant cette question est peu prise en compte, comme le soulignent les dames du pôle.

Un contrat avec François Hollande

La première initiative de cette équipe : le lancement aujourd’hui de l’appel « Parce que nous exigeons l’égalité femmes-hommes, pour nous, ce sera François Hollande ». Parmi les premier-ère-s signataires, Martine Aubry, Patrick Bloche, député de Paris, l’anthropologue Françoise Héritier, et Véronique Neiertz, ancienne secrétaire d’Etat aux Droits des femmes.

L’appel est minimaliste, les grands thèmes de l’égalité femmes-hommes y sont juste listés.

Lorsque l’on pointe l’absence de tête de chapitre sur les femmes dans les 60 engagements de François Hollande, Marie-Arlette Carlotti répond que ces questions sont transversales et que l’on trouve différentes propositions dans plusieurs de ses engagements. Dont acte.

« On veut passer un contrat avec François Hollande, on veut des réponses concrètes à nos demandes, on ne va pas le lâcher », explique-t-elle. Les féministes du PS veulent que leur candidat aille plus loin que les engagements qu’il a déjà pris, elles souhaitent qu’il porte leurs problématiques.

« On n’a jamais vu une telle atteinte portée aux droits des femmes dans tous les domaines, les violences, le droit à l’IVG, l’information sur la contraception… », s’indigne Fatima Lalem.

Geneviève Couraud renchérit : «  Je ne sais plus quoi dire aux femmes des quartiers de Marseille tellement la situation est difficile ». Mais elle tempère en expliquant qu’elle voit arriver avec plaisir des initiatives comme celles du collectif Féministes en mouvements et précise : « Nous avons aujourd’hui des outils sur les questions de genre, et des chercheuses et chercheurs pour construire une vraie politique de l’égalité. »

Leur combat elles le mènent au sein même de leur parti. Elles disent ne pas être satisfaites de certaines investitures comme le parachutage de Christophe Borgel dans la 9e circonscription de Toulouse.

La prochaine étape se fera le 2 mars. Ce jour-là, François Hollande rencontrera, à la demande du pôle égalité, les 100 premier-ère-s signataires de l’appel et présentera des propositions plus concrètes que celles contenues dans ses 60 engagements.

Geneviève Couraud précise qu’elle a pu vérifier que François Hollande connaît bien le dossier de la parité, et assure avec Marie-Arlette Carlotti et Fatima Lalem que leur candidat est l’homme politique le moins macho qu’elles connaissent.

On veut bien les croire !

Caroline Flepp – EGALITE

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