Violences faites aux femmes Le Clasches contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur

Il n’y a jamais eu d’enquêtes d’envergure, il existe très peu de chiffres, sur le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche. Le silence autour de ces violences reste la règle.

Le Collectif de lutte anti-sexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur tente de briser le tabou. Association mixte, le Clasches s’inscrit dans la lutte contre toutes les discriminations.

En 2001, il y a eu le cas de ce professeur de l’EHESS. Tout le monde alors s’accordait à dire que ses relations avec ses doctorantes étaient parfaites. Puis l’une d’entre elles a demandé à changer de laboratoire et lorsqu’on lui en a refusé l’accès, elle a commencé à dénoncer son professeur. Quelques étudiantes ont alors pris conscience du fait qu’il n’existait pas de dispositifs de prévention, de sanctions et de réparations, que les victimes soient étudiant-e-s, enseignant-e-s ou membres de l’administration. Le Clasches était né.

« Tous les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche sont touchés », expliquent Marie et Julie, deux des dirigeantes du collectif. Le collectif travaille sur tous les types de harcèlement et de harceleurs. Les violences se font entre personnels administratifs, des professeurs vers les personnels administratifs, de professeurs vers les étudiant-e-s, etc. Et sont le plus souvent le fait des hommes : « Il existe également des cas de harcèlement par des femmes, même s’ils sont moins fréquents, et certainement moins visibles, à l’instar du harcèlement entre hommes », précisent Marie et Julie.

L’agresseur a souvent plusieurs victimes, repérant celles qu’il estime les plus fragiles et comme dans les cas de violences conjugales, il élabore une stratégie d’isolement et d’intimidation.

La plupart du temps, les victimes ne commencent à agir que lorsqu’il y a un impact direct du harcèlement sur leur travail. Marie et Julie citent les cas de doctorantes empêchées de publier, de commencer une thèse, de réussir ou de valider un examen.

L’association ne reçoit pas de victimes, elle recueille des témoignages et oriente vers d’autres associations. Le Clasches travaille en partenariat avec l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) dont les membres les informent et les conseillent sur le plan juridique.

Caroline Flepp ÉGALITÉ

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