Culture Le Paris des femmes : place aux auteures de théâtre

Visuel du festival Le Paris des femmes

Michèle Fitoussi a le sourire. L’éditorialiste de Elle vient de mettre le point final à plusieurs mois d’organisation du festival de théâtre Le Paris des femmes, qui va réunir neuf auteures ce week-end à Paris. Ecrivaines habituées aux romans, actrices ou dramaturges, celles-ci se sont volontiers prêtées au projet : montrer que si les femmes auteures sont rares au théâtre, ce n’est certainement pas par faute de troupes !

« Cette histoire a commencé il y a un an, dans un café où je retrouvais deux amies, la romancière Véronique Olmi et Anne Rotenberg, la directrice du Festival de la correspondance de Grignan, explique Michèle Fitoussi. Véronique souhaitait monter un festival à Paris et le sujet des femmes auteures s’est tout de suite imposé à nous. Leur absence sur les scènes de théâtre ne correspond pas à leur talent car les auteures existent, et ce festival veut le montrer. Nous n’avions pas de chiffres, cette constatation est empirique, mais il est évident que beaucoup de femmes n’arrivent pas à montrer leurs œuvres. Alors, pour la première fois en France, nous voulons jeter un pavé dans la mare !»

Elle ajoute : « Lorsqu’on nous oppose qu’il n’y a jamais eu de Shakespeare ou de Molière au féminin, nous ne nous énervons pas, nous restons calme ! Nous rappelons simplement, cette phrase de Virginia Woolf dans Une chambre à soi à propos de la sœur imaginaire de Shakespeare : « N’importe quelle femme, née au XVIe siècle et magnifiquement douée, serait devenue folle, se serait tuée ou aurait terminé ses jours dans quelques chaumières éloignées de village, mi-sorcière, mi-magicienne, objet de crainte et de dérision »… ».

Huit pièces de trente minutes sur le thème guerres et paix

Résultat ? Pendant trois jours, huit courtes pièces vont être montrées au théâtre des Mathurins, chacune ne dépassant pas le format imposé de trente minutes. Le thème commun retenu – guerres et paix – a donné lieu à des interprétations variées qui vont des relations difficiles entre une mère et sa fille (Geneviève Brisac et Alice Butaud) à une attaque terroriste dans un palace (Michèle Fitoussi) en passant par le thème d’Orphée et Eurydice revisité (Camille Laurens) ou des problèmes de voisinages (Amanda Sthers). Un livre publié aux éditions L’avant-scène théâtre réunira tous les textes.

Avec une scénographie de la plasticienne Mâkhi Xenakis, le pari des organisatrices semble réussi : rassembler autour d’une proposition artistique des talents divers. Mais une fois le rideau refermé, le milieu du théâtre entendra-t-il le message et fera-t-il à l’avenir une plus grande place aux auteures ? Seules les programmations futures le diront.

En attendant, s’amuse la journaliste, « ce fut une belle aventure ! »

  • Les chiffres édifiants du rapport Reine Prat
  • Parmi les chiffres du rapport Reine Prat de 2006 sur la place des femmes dans le spectacle vivant on pourra retenir ceux concernant le théâtre : les hommes peuvent diriger jusqu’à 92 % des théâtres consacrés à la création dramatique et être les auteurs de 85% des textes à l’affiche des théâtres du secteur public et y signer 78 % des mises en scène.

Moïra Sauvage – EGALITE

Les 6 et 7 janvier à 20h20, le 8 janvier à18h.

Rencontres avec les auteures et dédicaces, le samedi 7 à partir de 16h

Théâtre des Mathurins
36, rue des Mathurins
Paris 8e
Réservations : 01 42 65 90 00 et sur le site du théâtre.