Chroniques Le coup de cœur de la panthère : Appelez-nous madame !

Les griffes de la panthère

A partir de dorénavant, toutes les femmes seront appelées madame. Jeunes ou moins jeunes. Epouses ou concubines, célibataires ou céli-pas l’temps, avec ou sans homme, avec ou sans femme dans leur vie. Nous sommes toutes des madames.

Pour l’Administration, s’en faut : c’est ce que prévoit une circulaire gouvernementale de février 2012. Les Américains ont créé le mot Ms (prononcer Miz), synthèse de Miss et Mrs, pour toutes. Grâce à la bataille d’Osez le féminisme et des Chiennes de garde, nous aurons désormais madame pour toutes.

On se demande d’ailleurs a posteriori à quoi pouvait bien servir, sur le carton de contravention pour stationnement interdit, de cocher une case indiquant si on avait un mec légitime ou pas… Et pourquoi il fallait préciser, sur le formulaire SNCF distribué en cas de retard d’un train, si on était passé devant monsieur ou madame le/la maire…

Hier encore, la minette de 17 ans, la tête pleine depuis l’enfance de rêves de princes charmants et d’épousailles, se sentait flattée de se faire appeler madame : ainsi, elle pensait accéder d’un mot au monde hautement enviable et tellement respectable des femmes mariées, des épouses de, des « madame Mon-mari » !

Et la trentenaire pouvait connaître les affres de la dépression au premier « madame », traquant ainsi avec une angoisse hargneuse les premières rides et le cheveu blanc funeste.

Tout cela est donc en voie d’appartenir désormais au passé. Soit. Et c’est tant mieux !

Peut-on en profiter pour rappeler que les femmes, jeunes ou moins jeunes, qui choisissent de convoler n’ont aucune obligation de changer de patronyme ? Et qu’elles ont même le devoir, si elles veulent sauvegarder leur intégrité, de préserver l’identité qu’elles ont depuis la naissance !

La loi du 6 fructidor an II précise que «le nom de tout citoyen français est celui qui lui a été transmis selon les règles propres à chaque filiation et qui résulte de son acte de naissance». Et que «le mariage n’opère aucun changement du nom des époux».
On peut aimer un homme et choisir de légaliser la relation qui nous unit à lui sans pour autant déposer son identité au vestiaire de la vie conjugale !
Et on peut même, depuis le 1er janvier 2005, choisir de transmettre à ses enfants, le nom de la mère, celui du père, ou les deux…

Peut-être des détails pour vous, « mais pour nous, ça veut dire beaucoup »

Même si, toujours, encore et encore, nos combats féministes contre les violences faites aux femmes, pour la parité et l’égalité des salaires restent notre priorité.
On peut se débarrasser d’un usage sexiste désuet sans pour autant perdre de vue l’ensemble des objectifs de l’égalité.

Danielle Michel-Chich

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