Monde Mexique : hommages à Agnès Torres, activiste transsexuelle assassinée

Photos d'Agnès Torres, lors du rassemblement du 12 mars 2012.

Ce vendredi, sur la place centrale de Puebla, dans l’Etat de Puebla au Mexique, est célébré, post mortem, le 29e anniversaire d’Agnès Torres, né Abraham Torres. L’objectif du Collectif féministe de Puebla est de rappeler qui était Agnès, violemment assassinée pour cause de machisme.

Comme l’explique sa mère, Agnès a lutté toute sa vie pour exister et pour faire reconnaitre son identité. Psychologue, chercheuse, activiste, elle affichait fièrement son identité transsexuelle. Elle ne perdait aucune occasion d’inviter les gens à abandonner leurs préjugés en s’informant. Pour elle, la peur et le mépris envers la diversité sexuelle provient d’une ignorance que l’on prévient grâce à l’éducation.


Vidéo d’Agnès Torres (en espagnol)

Dans la matinée du lundi 12 mars, la triste nouvelle est tombée. Tout au long du week-end, des messages inquiets circulaient dans les réseaux sociaux suite à sa mystérieuse disparition du vendredi soir. Dans une société où les crimes homophobes sont communs, le pire était à craindre. Agnès a été retrouvée sans vie dans un ravin proche de la ville de Puebla, égorgée et le corps couvert de brûlures.

Le lundi soir, au cœur de la très catholique ville de Puebla, plus de 200 sympathisant-e-s se sont réuni-e-s pour lui rendre hommage et exiger la justice de la part des autorités. Oscillant entre la douleur, la tristesse, la colère, et la peur, les participant-e-s ont écouté une série de témoignages d’ami-e-s et de parents, préoccupé-e-s pour la sécurité de leurs enfants, et de personnes qui souhaitent un monde plus libre et digne pour tous et toutes.

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A l’issue de l’événement, une des organisatrices a reçu un appel téléphonique annonçant l’assassinat d’une autre personne appartenant à la communauté LGBT. C’était la troisième en trois jours. Il y eut un long silence, puis la foule s’est dispersée avec se sentiment d’impuissance.

Les recherches policières avancent, plusieurs personnes ont été arrêtées. Mais certaines se sont plaintes d’avoir été torturées par les force de l’ordre pour obtenir des aveux.

Le 20 mars, lors d’une réunion du Collectif féministe dans le local d’une organisation civile défendant les droits sexuels et reproductifs des jeunes, les deux femmes lesbiennes qui y travaillent nous ont confié être terrorisées, se sentir vulnérables et exposées, et avoir augmenté les mesures de sécurité.

Guitté Hartog – collaboratrice Mexique EGALITE