Société Jeudi 11 octobre : journée internationale des filles

En mars 2012, les Nations Unies proclamaient le 11 octobre journée internationale des filles.

Les filles sont les principales victimes de discriminations dans les pays en développement : 75 millions (1) d’entre elles sont privées d’éducation à cause de la pauvreté, des violences ou des mariages précoces.

L’accès de ces jeunes filles à l’éducation permettrait de changer le destin de leur pays en contribuant à son essor économique.

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Sensibiliser le grand public

L’ONG PLAN, qui est à l’origine de cette journée, mène depuis 2007,  une campagne « Because I am a girl » qui lutte contre les inégalités entre les filles et les garçons.

 

 

Aujourd’hui, une fresque longue de 10 mètres est installée sur le parvis de l’hôtel de ville de Paris. Elle représente des filles obligées de travailler pour faire vivre leur famille au lieu d’aller à l’école. Chacun et chacune est invité-e à gommer des morceaux de la toile, un geste avant tout symbolique comme le précise PLAN :

 « Au-delà du geste symbolique et de l’aspect spectaculaire de cette fresque géante, c’est surtout une prise de conscience et une invitation pour le grand public à rejoindre le mouvement global initié par PLAN pour améliorer le sort de ces millions de jeunes filles privées d’éducation et d’avenir ».

Dès 11h, en présence de personnalités du monde du sport, des arts ou des médias (Isabelle Giordano, Claudia Tagbo, Romane Serda, Laura Flessel) l’événement invite à la mobilisation internationale : la prise de conscience comme moteur décisif du changement. À ce titre, plusieurs ONG participent à cette nouvelle journée mondiale pour dénoncer le sort réservé aux petites filles à travers le monde.

 

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Le mariage des filles, thème de la première Journée internationale

Rappelant que toutes les 3 secondes, une petite fille est mariée de force dans le monde et que 70 millions de femmes de 20-24 ans ont été mariées avant l’age de 18 ans, une « violation manifeste des droits de l’homme »,  l’ONG CARE propose la signature en ligne d’une pétition contre les mariages forcés des petites filles.

Au delà de la question de la contrainte se pose celle de la santé puisque ces petites filles, considérées avant tout comme des objets plutôt que comme des êtres humains, vivent une grossesse pour la moitié d’entre elles – dans les pays en voie de développement – au cours de leur adolescence. Une mise en danger réelle pour la santé des filles puisque les grossesses précoces augmentent le risque de mortalité comme le soulignait en juin 2012, Save the Children, dans un rapport intitulé « Comment le planning familial sauve la vie des enfants ».

«Le problème des enfants qui font des enfants et qui meurent parce que leur corps n’est pas suffisamment mûr pour accoucher est un scandale mondial », accusait le directeur de l’ONG, Justin Forsyth.

La question de l’éducation des filles atteint également la sphère politique comme le montre l’engagement de Joëlle Garriaud-Maylam (2), qui demande « Le fléchage de crédits spécifiques en faveur de l’éducation des filles au sein du budget de l’Aide publique au développement » et « l’utilisation systématique d’indicateurs de genre dans la planification et l’évaluation des actions d’aide au développement (« budgétisation sensible au genre ») ». Elle appelle par ailleurs ses collègues parlementaires à se mobiliser sur cette thématique à l’occasion du vote du projet de loi de finances 2013.

L’école apparaît naturellement comme un mode d’émancipation pour les jeunes filles, mais encore faut-il qu’elles puissent s’y rendre sans subir de discriminations ou de violences liées à leur sexe. En étant scolarisées sur le long-terme, le sort de millions de petites filles changerait. Autonomisées, elles seraient de réelles actrices du développement de leur pays.

 « L’investissement auprès des adolescentes est précisément le catalyseur dont les pays pauvres ont besoin pour briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté et parvenir à une meilleure répartition des revenus. Cet investissement n’est pas seulement équitable, c’est une décision intelligente au plan économique », souligne Robert Zoellick, Président de la Banque Mondiale.

 

Marina Corvillo — EGALITE

 

Plus de renseignements sur le déroulé de la journée du 11 octobre ici.

(1) Source : ONU, « The World’s Women », 2010. 

(2) Vice présidente du groupe UMP et Vice-présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre hommes et femmes au Sénat.