Articles récents Bring back our girls: l’exploitation des femmes est internationale

La France, la communauté internationale, de nombreuses personnalités sont aujourd’hui mobilisées pour porter secours aux 223 adolescentes enlevées et séquestrées au Nigeria par le groupe Boko Haram. Leur principal crime : vouloir étudier. Le groupe terroriste menace de les vendre. Mais il a fallu la mobilisation de nombreuses associations féministes dans le monde entier pour que les Etats, y compris l’Etat français réagissent.

 

Rappelons cette réalité: la volonté de réduire les femmes en esclavage n’est ni le propre des islamistes, ni celle d’une religion, ni celle d’un pays. Vingt-deux millions de personnes sont aujourd’hui victimes de traite. Parmi elles on trouve 79% de femmes et de filles exploitées à des fins de prostitution.
Abolition 2012, qui regroupe 59 organisations, rappelle : «sur notre propre territoire, et dans une quasi-indifférence, des milliers de jeunes femmes, dont de nombreuses Nigérianes sont tenues en servitude sexuelle par des réseaux internationaux les ayant achetées et revendues pour alimenter le marché prostitutionnel français.» En juin 2011, la Direction Centrale de la Police judiciaire publiait une note précisant que la traite de filles et femmes nigérianes en France rapportait 15 millions d’euros aux proxénètes. Le Nigeria est le second pays pourvoyeur de femmes en vue de prostitution en Europe.

Le Conseil des ministres du 14 mai 2014 a adopté le premier plan d’action national de lutte contre la traite des êtres humains, présenté par Najat Vallaud-Belkacem . Pour le Mouvement du Nid, qui salue cette volonté sans précédent du gouvernement français, « il présente un défaut majeur de cohérence car il occulte largement la place centrale des clients prostitueurs dans cette exploitation des plus vulnérables. »

La libération des jeunes filles nigérianes est un préalable mais au-delà, il faut une véritable politique de tous les Etats contre la prostitution et toutes les formes d’exploitation du corps des femmes. Une politique, avec des moyens, une réelle volonté et un engagement sans concession.

Emmanuelle Barbaras 50/50

Signez la pétition :

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/plus-de-200-jeunes-filles-ont-disparu-au-nigeria-portez-leur-secours-bringbackourgirls