Articles récents \ Monde Brésil : les féministes aussi préparent la coupe du monde de football !

Les féministes brésiliennes sont divisées entre celles qui déclarent “Não vai ter Copa” (Il n’y aura pas de Coupe!) et celles qui affirment “Vai ter Copa!” (Il y aura la Coupe!). Cette polémique est un enjeu important lié à l’approche de l’élection présidentielle qui se déroulera le 5 octobre 2014 … En effet, celles qui ne veulent pas de la Coupe du monde critiquent ouvertement la présidente Dilma Rousseff.

Mais l’impact des féministes qui refusent la Coupe du monde diminue sensiblement. Les manifestations de telle ou telle catégorie de salarié-e-s réclamant des augmentations de salaires  sont beaucoup plus visibles que celles des féministes  qui réclament le “Não vai ter Copa”, même si  la proximité de la Coupe leur permet de renforcer leurs revendications, comme ont fait les militaires, qui menaçaient de faire grève pendant la compétition.
Le Brésil se prépare: les rues sont décorées, les stades sont prêts, les aéroports ont été agrandis etc. L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a révélé que la participation des femmes à la construction des stades a augmenté de 75%, et qu’elles sont 60% à suivre les cours du « Pronatec Tourisme », programme national d’accès à l’enseignement technique et à l’emploi, dans les 12 villes où la Coupe du monde aura lieu.
Les victoires des féministes
Une des plus fortes préoccupations des féministes, c’est la publicité faite au Brésil et dans le monde, visant à encourager le tourisme sexuel pendant la compétition.
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Les associations féministes ont intercepté à temps le Tee shirt Adidas, vendu aux USA, qui était un appel très suggestif au tourisme sexuel Elles ont fait de même avec une publicité créée pour un hôtel et bar de nuit brésilien. Le tee shirt n’est plus en vente, la publicité a disparu.
Les associations de femmes ont organisé des manifestations pour alerter et protester contre l’augmentation constante de la prostitution qui concerne autant les femmes adultes que les jeunes filles et les fillettes, ainsi que contre le trafic de femmes organisé par les réseaux internationaux de la prostitution.
Et le SPM – Secrétariat spécial chargé des politiques publiques pour les femmes – a pris une mesure concrète, l’ouverture d’un numéro de téléphone “Ligne 180”, afin que chacun-e puisse dénoncer les violences faites aux femmes et aux enfants sous toutes ses formes, ainsi que tout ce qui touche au trafic des êtres humains.
Alors que le député Jean Willys, membre du Parti socialisme et liberté (PSOL, parti situé à la gauche du Parti des travailleurs de Dilma Roussef) a déposé un projet de loi, qui propose la régularisation de la prostitution. Quelques organisations de personnes prostituées aimeraient que le projet soit approuvé avant la Coupe, car elles craignent une répression plus forte de la police pendant cette période, considérant qu’elles vivent une situation de discriminations.
La majorité des féministes est fortement opposée à ce projet, faisant une analyse critique du patriarcat qui prône depuis toujours la soumission du corps des femmes à la domination des hommes. Elles considèrent aussi que ce projet favorise évidemment beaucoup plus les « cafetão » (proxénètes) que les personnes prostituées.
Lundi 9 juin, des milliers de manifestant-e-s étaient de nouveau dans les rues de São Paulo à l’appel de la Marche Mondiale des Femmes et du Comité pour l’abolition de la prostitution, pour réclamer plus de libertés pour les femmes et l’abolition de la prostitution.
 
Rachel Moreno 50/50. Collaboratrice Brésil

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