Articles récents \ Monde \ Sport Candidature de Paris : 7 défis pour des Jeux Olympiques 2024 féministes

A la veille des JO de Rio 2016 et alors que Paris annonce sa candidature pour les JO de 2024, la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF) et la Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), tiennent à rappeler que les Jeux Olympiques ne sont pas une simple manifestation sportive comme les autres. Les deux organisations féministes lancent sept défis à la ville de Paris, prenant appui sur la Charte Olympique.

 

Les Jeux Olympiques sont un moment particulier pendant lequel ne s’applique qu’une loi : la Charte Olympique porteuse de valeurs universelles, au-delà des nationalités, des cultures et des religions.

2016 sera l’année des JO de Rio. Les adeptes du sport, filles ou garçons, en rêvent. Les féministes devraient aussi s’y intéresser plus car le sport demeure encore trop souvent le miroir grossissant de nos sociétés alors qu’il pourrait être un levier de changement en cassant les stéréotypes de genre.

La LDIF et la CLEF demandent que les 7 conditions suivantes soient remplies, sans lesquelles «la candidature de Paris n’aurait pas de sens à nos yeux» :

  1. Parité dans les instances dirigeantes ;
  2. Parité dans le nombre d’athlètes et d’épreuves féminines et masculines ;
  3. Même reconnaissance par le Président du CIO du Marathon féminin et masculin ;
  4. Sanction envers les pays qui pratiquent la ségrégation sexiste dans le sport ;
  5. Respect de la règle de neutralité du sport ;
  6. Refus des discriminations fondées sur les stéréotypes sexistes ;
  7. Abandon définitif des «tests de féminité”.

L’Olympisme porteur de valeurs universelles ?

Cette candidature doit être l’occasion de rappeler que les JO sont plus qu’une simple succession de compétitions. Le Stade Olympique est un lieu particulier où s’applique une seule loi : la Charte Olympique porteuse de valeurs universelles, au-delà des nationalités, des cultures et des religions. C’est justement là l’objet principal du combat féministe à un moment de la géopolitique où le relativisme culturel gagne du terrain sur le dos des femmes.

Un tel événement doit être l’occasion d’exiger l’application stricte de la règle 50 qui proscrit toute forme de manifestation politique ou religieuse dans le cadre des JO. Tout comme il faut concrétiser dans sa totalité l’application de l’engagement inscrit dans la Charte de «mettre en œuvre le principe de l’égalité entre hommes et femmes.»

Annie Sugier, présidente de la LDIF explique : « porter ces exigences n’est pas l’expression d’une arrogance française, mais traduit l’engagement contenu dans le Serment Olympique de respecter la Charte. »

Pour Hélène Bidard, adjointe à la Maire de Paris, en charge de l’égalité femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits humains : « les demandes de la CLEF et de la LDIF sont nécessaires et urgentes au regard de la place des femmes dans le sport et notamment dans les compétitions de haut niveau, telles les Jeux Olympiques. Rappelons que son créateur, Pierre de Coubertin, ne voyait aucun intérêt à l’existence d’«une petite Olympiade femelle à côté de la grande Olympiade mâle. Impratique, inintéressante, inesthétique, et nous ne craignons pas d’ajouter : incorrecte, telle serait à notre avis cette demi-Olympiade féminine». Et, il réservait «l’applaudissement féminin pour récompense.» Le sport du XXIème siècle est celui qui respecte l’égalité femmes-hommes et promeut les valeurs universelles de la Charte Olympique. Les 7 conditions proposées par la CLEF et la LDIF vont dans ce sens et doivent constituer la pierre angulaire de l’égalité dans cette compétition.
En 2016, les belles phrases et beaux discours sur l’égalité ne suffisent plus. Il est temps de faire du principe de l’égalité entre hommes et femmes une réalité dans les compétitions olympiques. Le sport ne doit plus être le bastion du sexisme.
Je me félicite que la Ville de Paris soit candidate pour les JO de 2024. Si Paris est choisie pour organiser ces Jeux, ce sera l’occasion de montrer aux yeux du monde entier que la Ville de Paris fait de la question de l’égalité femmes-hommes une priorité y compris dans les compétitions sportives. »

 

Guillaume Hubert, 50-50 magazine

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