Articles récents La COP21 est terminée, tout reste à faire !

La messe est dite et la cop(ie) rendue. La 21éme conférence internationale sur le climat a pris fin après 2 semaines de tensions entre les 195 États signataires du texte final. Alors qu’au Bourget se jouaient des bras-de-fer entre les pays selon leur puissance économique (et celle de leurs multinationales), les plus riches faisant tout pour imposer leurs visions et leurs solutions aux problèmes posés, de nombreuses initiatives de la société civile se déroulaient en France et dans le monde. Les questions du genre et des enjeux du réchauffement climatique ont été au centre de nombreux débats citoyens mais n’ont pas été prises aux sérieux au Bourget où l’absence de cheffes d’État a été remarquée. 

Si la COP21 a reconnu l’importance des enjeux du changement climatique pour la survie de l’humanité en affichant une ambition de limitation du réchauffement inférieure à 2°, ce qui est absolument irréaliste sans un changement de modèle économique immédiat, elle n’a pas posé les contraintes qui permettraient d’enclencher rapidement les transitions économiques, politiques et énergétiques nécessaires. Des objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre ont été gommés et l’équilibre différé à la seconde moitié du siècle, quand la plupart des signataires ne seront plus là pour rendre des comptes.

Il n’y a pas non plus de sanctions prévues pour les pays qui ne respecteraient pas leurs engagements, ce qui évitera peut-être qu’ils sortent de l’accord comme l’avaient fait le Canada, le Japon, la Russie et l’Australie du protocole de Kyoto, qui n’engageait que des pays dits “développés” et particulièrement pollueurs. Entre les pays riches et fortement émetteurs, là encore pas de propositions chiffrées, mais la vague notion d’une “équité” entre les pays, notion qui n’existe pas actuellement et dont l’absence est justement responsable de l’enrichissement de certains au détriment des autres, en particulier grâce au pillage de leurs ressources naturelles, en particuliers celles qui sont extraites de leurs sous-sols ! D’ailleurs c’est le terme de “justice” qu’il faudrait employer, mais il ouvre la porte du droit, de la plainte et de procès (interminables?).

La conférence n’a pas non plus pris d’engagements fermes en matière de respect des droits humains et de financements de ces transitions et des luttes contre les catastrophes qui ne manqueront pas d’arriver, en touchant de plein fouet les plus fragiles et les plus pauvres. La plupart des pays ne respectent pas la Charte internationale des droits humains, et quand ils le font sur leur territoire, ils ne la respectent que très rarement à l’extérieur, leurs intérêts économiques primant malheureusement dans presque tous les cas. Il y aura donc des migrations et des déplacements subis par celles et ceux qui perdront tout.

L’égalité de genre n’a pas été au centre des débats de cette 21ème COP, elle a été sortie de l’article 2 du texte final.  Alors que les femmes sont les plus touchées par les conséquences du dérèglement climatique. C’est aussi pour cela qu’elles étaient si nombreuses dans les rues samedi dernier à Paris, et qu’elles seront de tous les combats à venir pour que la transition énergétique se mette en mouvement, que la notion de justice (climatique) se développe sur toute la planète et n’oublie personne, et qu’enfin l’humanité mette le respect du vivant et l’égalité de tous les humains au cœur de tous ses projets d’avenir.

 

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Marie-Hélène Le Ny 50-50 magazine

 

Discours: Geneviève Azam, économiste et membre d’ATTAC  Musique: HK et les Saltimbanks

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