Articles récents Ghada Hatem : une gynécologue qui répare les femmes excisées

Ghada Hatem, libanaise de culture française, a étudié au lycée français de Beyrouth. Elle avait quinze ans en 1975, lorsque la guerre éclata au Liban. Cette guerre dit-elle « a peut être fait naitre une vocation médico-sociale en moi. »Après son bac ce sera donc la médecine et ce sera en France loin des combats, « j’avais envie de vivre » déclare-t-elle.  Elle choisit la gynéco obstétrique tout naturellement pour être au plus près des femmes et s’engagera  à soigner les femmes victimes d’excision.

Ghada Hatem fera ses armes à l’hôpital Saint Vincent de Paul puis à l’hôpital des Bluets avec sa maternité alternative où l’accouchement sans douleur « a vu le jour » dans les années 50. Dans ce lieu la médecine n’est pas uniquement technique nous précise-t-elle.

Puis changement de cap avec un poste a l’hôpital militaire Begin à Saint Mandé. Elle y trouve sa place parmi des soignants de culture militaire. « Ils sont toujours prêts à partir » dit elle « et connaissent l’urgence ». Elle y apprend beaucoup, reconnaît elle. Toutefois bien qu’elle n’ait jamais été envoyée sur un lieu de conflit elle a réalisé que cette disponibilité lui rappelait les choses de la guerre au Liban. Elle s’est même surprise à dire à ses collègues militaires, d’une façon prétentieuse avoue-t-elle, qu’elle connaissait mieux la guerre qu’eux.

Quand le poste de chef de service adjointe de gynéco obstétrique au centre hospitalier de Saint Denis lui a été proposé, elle n’a pas pris sa décision à la légère et l’a accepté après un délai de réflexion. Dans ce service chaque année, on compte 4500 accouchements et 1000 avortements. Il accueille plus de 100 nationalités différentes et offre des solutions à nombre de problèmes y compris aux femmes qui ont subi des mutilations sexuelles.

Depuis sa prise de fonction, Ghada Hatem a combiné toutes ses expériences avec son gout du travail en équipe pour faire plus pour les femmes. Elle a formé le rêve d’une maison des femmes qui est devenu réalité  le 15 juillet dernier.
Voici ce qu’elle nous dit sur son travail avec des femmes qui ont souvent connu des parcours hors du commun.

 

 

Propos recueillis par Brigitte Marti et Joachim Cairaschi 50-50 magazine