Environnement : les enjeux des inégalités de genre Café envie d’agir: comment construire un avenir durable avec et pour les femmes?

“Comment créer un avenir durable avec et pour les femmes ?” était la question posée lors du dernier café envie d’agir coorganisé par Asterya et 50-50 magazine, le 10 janvier dernier. Il s’agissait d’inviter des citoyen.nes à s’informer sur l’aspect genré de l’écologie, et  ainsi faciliter un engagement éco-féministe. Deux associations illustraient cette thématique en présentant leurs actions : WECF France (Women Engage for a Common Future) et 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable). 

WECF France vient juste de fêter ses dix ans d’existence. Le travail de WECF fait le lien entre santé, en particulier la santé des femmes et des plus vulnérables, avec les conditions environnementales et le changement climatique. WECF convoque le monde politique, les pouvoirs publics nationaux et internationaux pour les inciter à prendre les mesures nécessaires pour créer un environnement qui protège la santé humaine. La devise de l’association est : «Construire avec les femmes un monde, sain, durable et équitable».

L’association 4D, Dossiers et Débats pour le Développement Durable est un “think tank” citoyen œuvrant pour la transition vers un développement durable. Les deux piliers de 4D sont l’expertise et la conviction que la mise en œuvre du changement repose sur le comportement des actrices et des acteurs effectifs (collectivités locales, entreprises et particuliers). Celle-ci passe par une compréhension des impacts environnementaux. L’association a pour but d’œuvrer pour un développement compatible avec la préservation des ressources de la planète, accordant une large place à l’initiative des territoires, proposant aux individus et aux sociétés d’autres formes d’épanouissement et un enrichissement des pratiques démocratiques.

L’écoféminsime, une thématique souvent méconnue a su éveiller la curiosité. Catherine : «Je suis venue pour en apprendre plus, avec mon amie. Nous sommes assez sensibles aux thématiques de genre et d’écologie, et nous voulions nous informer sur l’écoféminisme qui englobe ces deux questions.» Pour d’autres, cette soirée était l’opportunité de consolider leurs connaissances sur le sujet. Pauline:  «Je vais écrire mon mémoire sur l’écoféminisme en tant que designer, c’est pour cela que je suis venue ce soir. Je viens de commencer mes recherches et cet événement tombe parfaitement.» Ou encore Aline: «Je m’intéresse à l’écoféminisme, je pense que c’est un sujet d’avenir très intéressant à creuser théoriquement, politiquement afin d’en comprendre les applications concrètes.”

Ce café a été un moment privilégié pour libérer la parole des femmes sur les questions d’environnement qui les concernent prioritairement, ainsi que sur les capacités d’action des femmes afin d’affirmer leur position d’actrices du changement. C’est ce qu’illustre cette phrase avancée par l’une des participante : «il faut noter que les femmes sont les premières victimes du changement climatique mais également les premières actrices du changement

La place du féminisme dans l’écologie

Les luttes féministes pour l’égalité femmes/hommes sont centrales dans le débat écologique. De nombreuses problématiques environnementales touchent essentiellement les femmes. WECF France part du constat que : «Les femmes sont les première victimes des problématiques environnementales, qu’elles sont peu représentées et que l’inégalité femmes/hommes se manifeste davantage dans les domaines environnementaux. Cela se manifeste, par exemple, par l’inégal accès aux financements liés aux projets environnementaux. Ce qui veut dire que les financements existants sont le plus souvent alloués à des hommes qui ne prennent pas forcément en compte les problématiques plus spécifiquement liées aux femmes, donc pas adaptés à leurs besoins. En ce sens, faire participer les femmes et concevoir des actions avec et pour les femmes, est non seulement est une question de justice, mais aussi une question d’efficacité

Quelles approches pour impulser le changement ?

Après avoir soulevé les problématiques de la place des femmes sur les questions environnementales, il s’agissait de comprendre les modes d’actions pour favoriser le pouvoir d’agir des femmes sur ce sujet. Sur cette question, la déléguée générale de l’association 4D, Vaïa Tuuhia, a précisé: «Les rapports produits par les scientifiques nous rappellent l’impératif de changement pour la préservation de l’environnement, mais face à ce changement il est important de prendre en considération le rapport subjectif de chacun.e. Par exemple, nous ne pouvons pas parler de transport de la même façon à un parisien.ne qu’à une personne vivant dans une région plus reculée. Il faut intégrer une vision sociale et genrée pour comprendre comment le changement peut s’opérer. Ainsi, nous nous sommes rendu compte qu’il fallait prendre en compte les moyens dont disposaient les gens et également leurs aspirations particulières, leur mode de vie locale, leur culture, leur histoire, etc… Il y a donc la volonté d’intégrer d’avantage les profils sociaux, de genre, démographiques, ainsi que culturels à notre approche auprès du public. C’est à travers cette nécessité de composer avec la subjectivité de chacun-e que nous avons compris que beaucoup de changements de valeurs, changements de récits narratifs sur le futur pouvaient être impulsés par des femmes et que cela rendait notre action plus effective

 

Hugo Tétu et Brigitte Marti 50-50 magazine

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