DÉBATS Monsieur le Président, les violences ne prennent pas de vacances

75 femmes sont mortes assassinées par leur conjoint ou leur ex-conjoint depuis le début de l’année.
La mobilisation des familles endeuillées et des associations féministes a contraint le gouvernement à sortir de son mutisme.

Nous demandions des mesures d’urgences. Nous avions des propositions précises. Le gouvernement annonce une réunion dans deux mois et des résultats dans cinq (après l’adoption du budget de l’Etat). Le décalage entre la mobilisation inédite de la société contre les féminicides et les réponses apportées est flagrant.

Des femmes sont en danger, en ce moment même.
Demain, des femmes iront dans les commissariats et se verront refuser leur plainte. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, est responsable d’assurer la sécurité des 225 000 femmes victimes de violences au sein du couple et de lutter contre la criminalité. Il doit réagir maintenant.

Demain, des femmes se verront refuser des ordonnances de protection. Madame Belloubet peut agir maintenant. Elle peut également mettre en place la suspension conservatoire des droits parentaux du conjoint violent en attendant le traitement de la plainte.

Demain, des femmes ne trouveront pas de solution d’hébergement. Monsieur Denormandie peut agir maintenant.

Demain, des enfants victimes de violences ne trouveront pas de places pour être mis en sécurité. Monsieur Taquet peut agir maintenant.

Nous n’avons pas le temps d’attendre.

Le Grenelle ne peut être une énième réunion de travail. Les solutions sont déjà connues et reconnues. Dès 3 septembre au soir, nous avons besoin d’engagements précis et de moyens. Le Grenelle doit être l’occasion de résoudre des problèmes de fond : articulation entre le civil et le pénal, élargissement de l’ordonnance de protection, interdiction de la médiation pénale et plus globalement application effective de la convention d’Istanbul que la France a ratifié en 2014.

Le président de la république, dans un post Facebook, et Marlène Schiappa dans le JDD en appellent à l’action de chacune et de chacun. La mobilisation citoyenne existe depuis des années en France. Les associations féministes, sur le terrain, agissent chaque jour. Cette mobilisation inédite n’a de sens que si elle est suivie de décisions politiques. Le président de la république a le pouvoir de changer les choses. Plus vite et beaucoup efficacement que chacune et chacun d’entre nous.

Nous n’avons plus besoin de discours, nous avons besoin d’actions.

noustoutes.org

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