Articles récents \ DÉBATS \ Contributions Éditions des Femmes : Les nouvelles parutions

Depuis leur création en 1973, les éditions Des Femmes-Antoinette Fouque jouent un rôle moteur dans la vie éditoriale, intellectuelle et culturelle française en mettant en lumière les créations d’autrices. Les éditions Des Femmes proposent fictions, récits, biographies, essais, livres audio. Proposition de lectures pour les longs week-end de mai. 

LES GRANDS FORMATS 

La mélodie sans les paroles – Catherine Benhamou – Parution le 03 juin 2021

Librement inspirée par la vie d’Emily Dickinson (1830-1886), aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes poétesses anglo-saxonnes, La mélodie sans les paroles retrace le parcours d’une créatrice au 19e siècle, en Amérique, alors que les femmes n’avaient pas encore le droit de vote et appartenaient corps et âme à leur mari.

Emily Dickinson refuse un monde qui ne lui laisse pas de place. Consciente de son génie et flirtant de plus en plus avec la folie, elle va s’enfoncer de façon radicale dans la claustration et le silence. Autrice de 1800 poèmes et plus de 1000 lettres, Emily Dickinson n’a pas été publiée de son vivant. Pourtant, son premier recueil connut immédiatement un succès phénoménal.

Catherine Benhamou est née à Casablanca (Maroc) où elle a passé ses trois premières années. Depuis sa formation de comédienne au Conservatoire national d’art dramatique de Paris (CNSAD), elle poursuit une carrière au théâtre tout en animant des ateliers d’écriture au théâtre national de la Colline et à L’Institut théâtral (université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle). Plusieurs de ses pièces ont été jouées. La Mélodie sans les paroles est le troisième livre, après ANA ou la jeune fille intelligente (2016) et Hors-Jeu (2017), publié par les éditions Des femmes-Antoinette Fouque. Elle a reçu en 2020 le Grand Prix de littérature dramatique Artcena pour Romance (éditions Koinè)

En pays assoiffé – Emna Belhaj Yahia -Parution le 10 juin 2021

D’emblée, ce roman nous embarque avec Nojoum, vieille dame aveugle que sa petite-fille vient visiter tous les jeudis, pendant le confinement du printemps 2020, pour lui lire un livre, prétexte à la questionner sur son histoire. Nous savons, dès les premières pages, qu’elles sont liées par un «Évènement» qu’elles ont vécu ensemble quelques années plus tôt, en réalité, on l’apprendra un peu plus tard, l’attentat du musée du Bardo à Tunis, où elles se trouvaient en visite.

Née à Tunis où elle réside, Emna Belhaj Yahia a fait ses études de philosophie à Paris. Autrice de cinq romans et d’un essai (Questions à mon pays, éd. de l’Aube, Paris, et éd. Déméter, Tunis. 2014), publiés à la fois en France et en Tunisie, elle a également contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Elle a signé de nombreux articles portant sur les aléas de la modernité, la notion de citoyenneté, les obstacles à l’émergence de l’individu dans les sociétés arabes, et ce tout au long des quatre dernières décennies. Elle a participé à la création d’un mouvement autonome de réflexion en faveur des femmes tunisiennes et pour la défense de leurs droits. Elle est membre de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beit al Hikma et membre du Parlement des écrivaines francophones.

FORMAT POCHE

La Malcastrée – Emma Santos – Parution le 13 mai 2021 (livre de poche)

On est au début des années 1970. La Malcastrée raconte, en la faisant remonter à l’enfance, la maltraitance exercée par les institutions psychiatriques. Celle-ci est illustrée de manière saisissante par le sort d’enfants trisomiques que la narratrice est chargée d’attacher à leurs sièges toute la journée… Avant qu’elle ne retourne la situation en les détachant tous, libérant leurs mouvements au risque de sa propre vie. Ainsi se succèdent des moments-limites, traversés dans la souffrance et dans une solitude impitoyable.

En 1976, la jeune écrivaine Emma Santos (1946-1983), malmenée dans son désir de vivre, d’aimer, d’écrire par les traces persistantes d’une enfance de pauvreté et de violence, rencontre les éditions des femmes, qui lui offrent leur accueil indéfectible. La réédition, en poche en 1976, de La Malcastrée, qu’avait publié tout d’abord Maspero en 1973, lui permet de se faire connaître. Très rapidement sont édités ensuite J’ai tué Emma S. (illustré par l’autrice), L’itinéraire psychiatrique puis La Loméchuse (réédition, en 1978) … En 1976 et 1977, Claude Régy la met en scène au Théâtre de la Gaîté lyrique, où elle lit un texte écrit par elle, Le Théâtre d’Emma Santos, également publié par des femmes. Plus tard, en 2006, après son suicide à l’âge de 37 ans, les mêmes éditions publieront Effraction au réel, texte inédit. La réédition de son œuvre complète est au programme des éditions des femmes-Antoinette Fouque.

LA BIBLIOTHÈQUE DES VOIX

Emportée de Paule du Bouchet et lu par Isabelle Carré – Parution le 6 mai 2021 (livre audio)

Longtemps restée dans l’ombre de l’Histoire intellectuelle et littéraire du XXe siècle, Tina Jolas y a joué un rôle important, notamment auprès de René Char dont elle fut la compagne pendant trente ans. Pour sa fille, elle fut une figure de grâce et de disparition. Avec une douceur et une délicatesse infinies, Paule du Bouchet trace le portrait de sa mère et un saisissant parcours de vie, magnifiés par la voix pure d’Isabelle Carré.

Isabelle Carré commence sa carrière au cinéma à 17 ans dans Romuald et Juliette, de Coline Serreau. Nommée plusieurs fois aux Césars, elle reçoit celui de la meilleure actrice en 2003 pour son rôle d’une femme atteinte de la maladie d’Alzheimer dans Se souvenir des belles choses de Zabou Breitman. L’année suivante, elle est honorée du Molière de la meilleure comédienne pour la pièce L’Hiver sous la table de Roland Topor (mise en scène de Zabou Breitman). Sensible, elle s’engage auprès d’associations qui défendent les droits des enfants. Son premier roman, Les Rêveurs (Grasset, 2018), a reçu le Grand prix RTL-Lire, et sa lecture dans « La Bibliothèque des voix » est saluée d’un Coup de cœur de l’Académie Charles Cros. En septembre 2020 paraît son second roman : Du côté des Indiens (Grasset).

Après avoir enseigné la philosophie, Paule du Bouchet s’oriente vers l’édition et la littérature jeunesse.
Musicienne, elle crée le département Musique de Gallimard et dirige la collection de livres lus «Écoutez lire». Elle a écrit de nombreux romans et albums pour la jeunesse dont, entre autres, Chante, Luna (2004), Le Journal d’Adèle (2007) ainsi que Debout sur le ciel (2018) un récit dédié à son père André du Bouchet.

Brèves de solitude de Sylvie Germain et lu par elle-même – Parution le 17 juin 2021 (livre audio)

Ils ne se connaissent pas et se regardent en chiens de faïence dans le square parisien où quotidiennement ils se croisent. Joséphine, Guillaume, Anaïs, Xavier, Stella, Serge, Émir… Ils entendent d’une oreille l’arrivée lointaine d’un fléau au nom baroque. Mais ils ne s’en préoccupent guère, si ce n’est Magali qui vient de retrouver le goût de vivre, ou lorsqu’ils plongent leurs pensées dans les yeux fiévreux d’un vagabond. Bientôt les voici enfermés, à regretter la présence irritante et rassurante des autres.

Sylvie Germain est l’autrice de nombreux romans et essais littéraires : Le Livre des nuits (Gallimard, 1984), Jours de colère (Gallimard, prix Femina 1989), Éclats de sel (Gallimard, 1996), Magnus (Albin Michel, prix Goncourt des lycéens 2005), Le Monde sans vous (Albin Michel, prix Jean-Monnet de littérature européenne 2011), Rendez-vous nomades (Albin Michel, 2012), Petites Scènes capitales (Albin Michel, 2013), À la table des hommes (Albin Michel, 2015) et Le vent reprend ses tours (Albin Michel, 2019). Elle a été élue en 2013 à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. En 2006, elle lisait déjà Les Personnages (Gallimard, 2004) pour « La Bibliothèque des voix ». Elle compose isolée Brèves de solitude, pendant le premier confinement de la pandémie de coronavirus.

Just Kids de Patti Smith et lu par Isabelle Huppert – Parution le 1er juillet 2021 (livre audio)

Patti Smith et Robert Mapplethorpe ont vingt ans quand ils se rencontrent, par hasard, dans le New York de la fin des années 60. Just kids, roman d’initiation, retrace l’envolée de ces enfants terribles, de 1967 à 1975, de leur rencontre jusqu’au moment où Patti Smith enregistre son premier album, Horses, qui lance sa carrière de chanteuse. La mort prématurée du grand photographe, en 1989, ouvre et clôt le récit tout en pudeur et en émotion. Cette histoire d’amour et d’amitié, épopée mythique, est le cliché incandescent de cette période qui marque un tournant dans leur vie.

Isabelle Huppert compte parmi les plus grandes actrices françaises, à la carrière internationale, et l’une des plus récompensées.  

Depuis sa première apparition au cinéma dans Faustine et le bel été, de Nina Companeez en 1972, en passant par La Dentellière de Claude Goretta  en 1977 et Violette Nozière, de Claude Chabrol qui lui vaut son premier prix d’interprétation à Cannes en 1978, elle n’a cessé de marquer le cinéma et le théâtre d’une empreinte singulière et exigeante, révélant au fil de ses très nombreux rôles son goût pour les personnages complexes. Elle a notamment reçu un Golden Globe en 2017 pour son rôle dans Elle de Paul Verhoeven, prestigieux prix qui a renforcé son rayonnement international.

Patti Smith grandit dans une petite ville du New Jersey avant de partir s’installer à New York où elle rencontre Robert Mapplethorpe, avec qui elle marquera bientôt le siècle. Elle mène une vie de bohème désargentée et se construit en tant qu’artiste dans les milieux underground. Grande admiratrice de la poésie française du XIXe siècle, et en particulier d’Arthur Rimbaud, elle performe ses propres poèmes sur scène avant de les mettre en musique et de devenir chanteuse. Elle sera rapidement une icône consacrée du rock. En 2016, elle représente Bob Dylan devant l’Académie suédoise pour la remise du prix Nobel de littérature.

Des Femmes – Antoinette Fouque 

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