Non classé François Hollande dévoile ses 40 engagements pour l’égalité femmes-hommes

Annie Novelli, Capucine Edou et Claire Morel

De gauche à droite : Annie Novelli, Capucine Edou et Claire Morel © Farida Aït Mouheb

Il était temps. A partir d’aujourd’hui, soit neuf jours seulement avant le premier tour, plus de 100 candidates socialistes aux prochaines législatives vont faire connaître les 40 engagements de François Hollande en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Une conférence de presse était organisée ce matin à Paris par Caroline de Haas, fondatrice d’Osez le féminisme, Capucine Edou, candidate dans la 12e circonscription de Paris, Claire Morel, dans la 1ère circonscription de Paris, et Annie Novelli, dans la 14e circonscription. Se présentant comme « trois candidates contre des hommes de l’UMP, qui ne présente aucune femme sur Paris ».

Il est vrai que, peut-être jugés peu porteurs pour cette campagne, les engagements du candidat socialiste en matière d’égalité ont manqué quelque peu de visibilité et de force jusqu’au début du mois de mars. Il semble que la pression des féministes de l’extérieur et au sein du parti ait fini par porter ses fruits.

Déjà, dans notre édito du 26 janvier dernier, nous regrettions que dans les 60 engagements pour la France apparaissaient peu de mesures en faveur des femmes.

Le lendemain, Yvette Roudy et Danielle Bousquet déclaraient : « Pour nous les droits des femmes c’est aussi la lutte contre les violences sexistes qui font aujourd’hui leur entrée dans les écoles, c’est l’accès à l’IVG et à la contraception, c’est un vrai service public de la petite enfance et un partage de la parentalité, et c’est aussi la parité politique qui nous place à cet instant au 19e rang européen. La question de l’égalité entre les sexes n’est pas secondaire. » Elles regrettaient à l’époque que leur candidat n’envisage pas la création d’un ministère des Droits des femmes.

Le 16 février, le pôle égalité de l’équipe de campagne appelait son candidat à des propositions concrètes.

Le 2 mars, François Hollande rencontrait, à la demande du pôle égalité, les 100 premier-ère-s signataires de l’appel. Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il présentait certains de ses engagements en faveur des femmes pendant son meeting de Reims.

Aujourd’hui, les candidates présentaient un certain nombre des 40 engagements.

Créer un ministère des Droits des femmes

C’est « la » mesure et la priorité de ces 40 engagements. Pour Annie Novelli, « c’est un signal politique fort. C’est le seul outil qui peut garantir des politiques publiques et transversales pour que l’égalité dans les textes devienne l’égalité réelle ». De plus, François Hollande prévoit la création d’un département en charge de l’égalité femmes-hommes dans chaque ministère.

Construire l’égalité professionnelle femmes-hommes

C’est la seconde priorité, et c’est Capucine Edou qui la défend le mieux : « Je suis d’une génération qui a bénéficié d’acquis importants. Nous avons fait des études et acquis de l’autonomie. Et nous nous sommes trouvées confrontées à des inégalités très concrètes. Il faut que l’Etat fasse appliquer la loi. Les entreprises verront leurs exonérations de cotisations sociales supprimées si elles ne respectent pas leurs obligations en matière d’égalité professionnelle ».

Soutenir la parentalité et mettre en place un service public de la petite enfance

François Hollande avait été hué par le public, lors de la soirée d’interpellation des candidat-e-s organisée par les Féministes en mouvements le 7 mars, lorsqu’il n’avait pas voulu se prononcer sur la demande des féministes de créer 500 000 places en crèche supplémentaires.

Aujourd’hui le flou demeure, même si Caroline de Haas précise que « les 500 000 places sont un objectif de François Hollande. Mais il ne veut pas faire de promesses qu’il ne pourra pas tenir ». La même réponse que le candidat à la soirée du 7 mars.

Annie Morel explique que les collectivités locales seront sensibilisées et contraintes à subventionner des structures d’accueil de la petite enfance, avec l’aide de l’Etat, et Capucine Edou rappelle que les 60 000 postes dans l’Education nationale – mesure phare du candidat – seront attribués en priorité aux écoles maternelle et primaire.

Lutter contre la précarité

Une seule mesure contre la précarité qui semble porter à elle seule toutes les solutions…
Les cotisations chômage seront augmentées pour les entreprises qui « abusent » des emplois précaires (contrats à durée déterminée, temps partiel, intérim). Une bonne idée à condition de préciser la notion d’abus…

Et à la question sur le manque de mesure concernant les retraites, Caroline de Haas a rappelé que dans les 60 engagements de François Hollande, des renégociations sont prévues en juillet 2012 avec les partenaires sociaux sur les retraites. En particulier concernant l’âge légal de départ à la retraite, les décotes, et les droits des femmes.

Elle précise que la revalorisation du travail dit « féminin » est « un engagement politique très fort du candidat » et que des négociations sur la question seront menées à la même date, notamment sur les augmentations de salaires et les évolutions de carrière par le biais de la formation dans les métiers des services.

Lutter fermement contre les violences sexistes

De bonnes mesures concernant la prise en charge des victimes ; l’implication, la formation et la mise en réseau des acteurs ; et la prévention dans les médias et à l’école.

En revanche, dans les 40 engagements, rien sur la prostitution. Les réponses sont évasives sur les raisons de cette absence. Peut-être n’est-il plus temps de raviver le débat ?

Quoiqu’il en soit, d’après Caroline de Haas, le parti socialiste et son candidat ont une position claire sur les mesures nécessaires pour combattre la prostitution, en passant notamment par l’abolition du délit de racolage passif porté par la loi de 2003, des campagnes d’éducation, le démantèlement des réseaux, des aides pour sortir de la prostitution, le renversement de la pénalisation en direction des clients.

Les engagements des trois derniers thèmes – encourager l’éducation et la sensibilisation contre le sexisme, renforcer la parité politique et le partage du pouvoir de décision dans les autres sphères ; garantir l’accès aux soins et consolider les droits sexuels – même s’ils ont été peu ou pas abordés ce matin, répondent à beaucoup de revendications des féministes.

Et alors que des associations s’inquiètent des menaces qui pèsent sur l’accès à l’avortement, les deux derniers des 40 engagements prévoient le remboursement à 100 % de l’IVG et le respect de la loi qui oblige chaque structure hospitalière à disposer d’un centre d’IVG.

Catherine Capdeville – EGALITE