DOSSIERS


«Une révolution dans la révolution»

Militante féministe des années 1970, j’ai déjà en 1968 un long passé militant : dans les mouvements pour les droits […]

Militantes en 1968, militantes en 2018

En mai 68, de nombreuses femmes ont pris part aux manifestations. Cinquante ans plus tard, elles sont encore plus nombreuses. […]

 

Les femmes de 1968, elles étaient le deuxième sexe, enfermées dans une vie triste comme le souligne Geneviève Fraisse. Elles étaient gardées sous clef. Elles n’avaient pas le droit de disposer de leur corps, pas d’accès à l’avortement, la pilule était autorisée depuis l’année précédente, mais à quel prix !

La réforme des universités avec la réforme des logements universitaires du 13 et 14 février 1968 avait déjà allumé le feu de la révolte.

Elles travaillaient mais n’avaient que peu de droits et de protection contre le patriarcat. Les contraintes étaient fortes pour les femmes, du monde prolétaire, jusqu’au monde universitaire.

Elles ont pris la rue comme les hommes, mais elles n’étaient pas au micro.

Les mouvements de libération et les mouvements contre les guerres issues de la colonisation, avec la guerre du Vietnam comme point d’acmé, ont porté d’importantes nouvelles utopies face à un ordre établi sans avenir.

Mai 68, avec ses 10 millions de grévistes, les universités en rébellion, un mouvement international pour une transformation des rapports de force, a initié un nouvel esprit de révolte qui, pour les femmes, ne s’est pas arrêtée, prenant de multiples formes : toutes les formes du féminisme.

Ce combat est toujours d’actualité.

Ce dossier offre des témoignages et des éclairages de 2018 sur ces événements et un regard de femmes sur l’exposition des Archives Nationales, « 68, les archives du pouvoir. » L’ouverture de la majorité des archives des services de l’État a permis de présenter les documents du pouvoir parallèlement aux documents de la contestation.

Anne Zelenski, Genevieve Fraisse, Martine Storti, Catherine Beaunez … offrent des analyses et perspectives pour comprendre comment les femmes qui n’étaient pas à la tribune s’en sont rapprochées quelques années plus tard….

 

Brigitte Marti 50-50 magazine

 

Dessin extrait de l’album-BD de Catherine Beaunez :  » J’avais 15 ans en 68  »

 

Martine Storti : « le mouvement de libération des femmes est né en rupture avec les modes de fonctionnement des groupes gauchistes »

Martine Storti, philosophe, journaliste et militante féministe était en mai 68 étudiante en philosophie à la Sorbonne. Fille d’ouvrier d’origine italienne, elle a participé aux mouvement étudiant et ouvrier qui l’encourageront à investir le champ féministe.

CATHERINE BEAUNEZ : BD-HUMOUR « J’AVAIS 15 ANS EN 68 »

« J’avais 15 ans en 68  » est le sixième album de Catherine Beaunez. Il parle de son histoire de femme […]

Michelle Perrot : « Mai 68, une brèche pour l’émancipation des femmes »

L’historienne Michelle Perrot, spécialiste de l’histoire des femmes et de l’histoire ouvrière, était, en mai dernier, la marraine de l’événement Mai […]

Malka Marcovich : L’autre héritage de 68, la face cachée de la révolution sexuelle

Historienne et féministe, Malka Marcovich appartient à la génération qui, encore enfant en mai 68, mais adolescente et jeune adulte […]

Geneviève Fraisse : « c’était un moment de refondation d’une autre vie et j’ai l’impression que j’y suis toujours »

Etudiante en philosophie à la Sorbonne en mai 68, Geneviève Fraisse a vu son univers se transformer pendant et à […]

Anne Zelensky : « Mai 68 a ouvert une brèche dans laquelle s’est engouffrée la renaissance du féminisme »

Féministe engagée, Anne Zelensky a fondé dès 1966 avec Jacqueline Feldman le mouvement FMA (Féminin Masculin Avenir) à l’origine du MLF en […]

FFMED

 

Créé par des femmes déterminées à renforcer les mouvements en faveur de l’émancipation des femmes, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée soutient financièrement depuis 10 ans les associations qui œuvrent en ce sens dans les 21 pays de Méditerranée.

Grâce à sa longue expérience dans les mouvements de femmes de la région, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée a une connaissance concrète du travail et des difficultés que peuvent rencontrer les associations de femmes autour de la Méditerranée.

Conçu tout d’abord pour soutenir financièrement les associations de femmes, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée a étendu depuis, son champ d’action vers d’une part le renforcement de la relève générationnelle du mouvement des femmes et d’autre part la mise en réseau des associations.

Ainsi depuis 2011, il propose aux organisations de femmes de différents pays méditerranéens de se rencontrer autour d’un atelier de travail permettant l’échange et l’élaboration de réflexions stratégiques destinés à faire avancer la question de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Partant du constat que les femmes méditerranéennes rencontrent les mêmes difficultés, à des échelles différentes, le Fonds a déjà tenu 10 rencontres dans 6 pays : en Egypte, en Tunisie, en Algérie, en Croatie, en Libye et en France.

Le 5 juillet 2017, à Paris, la 10éme rencontre réunissait des participantes venues d’Italie, de Croatie, du Monténégro, de Bosnie, de Turquie, du Liban, de Palestine, d’Egypte, de Tunisie, d’Algérie, et du Maroc.

Ce temps dédié à la réflexion stratégique a permis aux participantes d’établir non seulement la liste des priorités pour les femmes qui défendent l’égalité et l’émancipation dans la région, mais de réfléchir à la mise en oeuvre d’un tissage et d’un brassage plus systématique entre activistes au niveau local, subrégional et régional afin d’asseoir les bases d’un réseau solide.

Elles travaillent dans un fonds de gestion participatif, un journal féministe, un collectif féministe sur le harcèlement de rues, elles sont élue au conseil municipal de leur ville, magistrate …

Rada Boric (Croatie), Nevin Öztop (Turquie), Amina Izaroukena (Algérie), Anware Mnasri (Tunisie) et Farah Barqawi (Palestine) témoignent de leur engagement.

50-50 magazine

En Turquie, le gouvernement persécute les féministes et les militant·e·s LGBT

Nevin Öztop, militante féministe, LGBT, de la minorité turque des Alévis, travaille dans un organisme de gestion participatif des fonds […]

En Tunisie: 34,5% de femmes à l’Assemblée nationale

Anware Mnasri est  juge au tribunal administratif de Tunis, présidente de la première chambre de première instance. Elle est également […]

En Egypte, la langue arabe au service du féminisme

Farah Barqawi, Palestinienne féministe vivant en Égypte, est engagée dans le développement d’une base de données féministe, la plateforme Wikigender […]

La jeunesse, le nouveau souffle du féminisme algérien

Amina* est une militante du Collectif féministe d’Alger. C’est une organisation de jeunes femmes qui lutte depuis cinq ans contre […]

En Croatie, les femmes se battent contre l’Eglise pour conserver leurs droits sexuels et reproductifs

Rada Boric est une militante féministe croate, conseillère municipale et membre de la Women’s Court. Elle dénonce l’influence négative de l’Eglise catholique […]

Le 8 novembre 2016, le système électoral américain a désigné Donald Trump comme prochain président des Etats Unis bien qu’il ait eu presque trois millions de voix de moins qu’Hillary Rodham Clinton.

Au lendemain des élections, la candidate après avoir dit dans son discours de défaite combien elle était désolée du résultat, a prononcé des paroles d’encouragement à l’intention des filles qui avaient été témoins de ces scènes de campagne. Hillary Clinton a pris un ton grave pour leur dire qu’elles étaient indispensables, qu’elles étaient fortes et qu’elles méritaient les mêmes chances dans ce monde.

Ces encouragements seront nécessaires car la campagne de Donald Trump et ses discours ont été fondés sur des éléments sexistes et racistes d’une violence inégalée, dans le but de réduire la place des femmes, des minorités, des immigrant-e-s, des LGBT, etc, dans sa société néo-libérale et souverainiste. Les nombreuses plaintes pour abus sexuel contre des femmes n’ont pas empêché la candidature et la sélection de Donald Trump. Bien au contraire, c’est le sexisme et le racisme décomplexés qui l’ont emporté.

Le candidat Trump est officiellement président et Mike Pence, vice-président, depuis le 19 décembre après le vote officiel du collège électoral. Celui-ci, une réminiscence de l’époque de l’esclavage et de la démocratie proclamée sous contrôle des hommes blancs propriétaires, est un système de grands électeurs repartis d’une façon inégale par Etat. Il permet aux propriétaires blancs des Etats du sud qui étaient principalement peuplés d’esclaves de garder une représentation importante. Ainsi il y a proportionnellement plus de grands électeurs dans des petits Etats du sud que dans les autres Etats. Une autre aberration du système, le candidat qui remporte l’Etat, même avec 1% d’avance, remporte toutes les voix du collège électoral de l’Etat. De plus, avec l’absence d’un système électoral uniforme et la suppression en 2013 du « Voting Rights Act » qui imposait une revue fédérale des changements de lois électorales dans les quinze Etats du sud et quelques comtés au nord, aux habitudes discriminatoires. Aujourd’hui accéder au bureau de vote et voter peut être très difficile pour les populations racialement et socialement déterminées, c’est ce qui est communément appelé méthode de suppression de vote.

Maintenant, le résultat est clair même s’il n’est pas démocratique. L’administration Trump/Pence est en formation et les quelques postes pourvus jusqu’à maintenant montrent que même si le ton est stratégiquement changeant, les promesses de campagne outrancières formeront la politique des Etats-Unis pour les années qui viennent. Les élections ont donné les pleins pouvoirs à la branche dure des républicains, car ils contrôlent le Congrès ainsi que la Cour Suprême.

Les Etats-Unis vont entrer dans une période conservatrice et obscurantiste sans précèdent. Les impacts sur les droits des femmes, des minorités, et sur l’environnement sont difficiles à imaginer, c’est tout simplement une conception des droits communs aux êtres humains qui va être revue avec la nouvelle suprématie d’un petit groupe.

Les conséquences vont passer les frontières. Ce pouvoir aux multiples visages du conservatisme de marché va pervertir, avec autoritarisme, toutes les instances internationales. Le jeu des puissants lobbys plus ou moins visibles va continuer à s’attaquer avec encore plus de violence aux mécanismes régulateurs qui nous tirent vers des idéaux égalitaires.

Ce dossier entend montrer les différents aspects concernant les droits des femmes de la future présidence à travers des témoignages/reportages et des articles de fond.

Brigitte Marti 50-50 magazine

Dessin Pierre Colin-Thibert

Trump efface tout, les droits des femmes, l’éducation publique, l’environnement …

Après avoir envahi le monde de leur aide soi-disant protectrice tout en faisant avancer leurs projets néolibéraux dictés par les […]

La protection de Mother Earth, la dernière guerre des premières nations américaines

Le 24 janvier, le président Trump signe des mémorandum (autre forme de décret présidentiel) relançant le projet de construction de […]

Quand la bataille contre le racisme d’Elisabeth Warren rencontre le sexisme

Entre les signatures de décrets, les déclarations et tweets absurdes et les confirmations au Sénat des improbables nominé-e-s aux postes […]

Décret après décret un président élimine les droits des femmes

Donald Trump promettait le pire durant sa campagne entre racisme et sexisme sur un fond de dérégulations : promesses tenues ! Le […]

La marche historique des femmes à Washington DC

Pramila Venkateswaran, poétesse et professeure de littérature/études de genre (women’s studies) à Nassau College dans l’état de New York, a […]

La marche des femmes à Paris: « pour montrer la solidarité des femmes autour du monde »

“Merci aux millions autour du monde qui le 21 janvier se sont rassemblés pour faire entendre leurs voix, mais notre […]

Women’s March on Paris Appel du 21 janvier 2017

Le 21 janvier 2017, au lendemain de la prestation de serment de Donald Trump, les associations féministes et de défense […]

Lee : « avec Trump on a soulevé une pierre et tous les rampant-e-s étaient dessous.»

Aux Etats Unis le jour de vote est le mardi, et parfois les Américain-e-s doivent jongler pour aller voter, entre […]

IMG_7206Depuis la publication en France par les Editions des Femmes , en 1974, du célèbre et encore très actuel Du côté des petites filles, la problématique de son auteure, Elena Gianini Belotti, qualifiait de « conditionnement social de la féminité » a fait son chemin. La différenciation des rôles masculin et féminin et les stéréotypes qui les accompagnent sont reconnus ; dans le vêtement, les jouets et la littérature de jeunesse notamment, la prise de conscience critique et les tentative de rééquilibrage se sont multipliées, sans parvenir à contrecarrer la puissance du marketing « rose-bleu ».

A la maternelle déjà, la question de l’égalité filles/garçons est prise en compte par l’Education nationale bien que les enseignant-e-s soient loin encore d’avoir un référentiel partagé quant à la pédagogie à mettre en place. Mais avant trois ans, au moment de la plus grande plasticité des enfants, comment se fait la socialisation différenciée des petits garçons et des petites filles ? Il faut d’abord reconnaître que l’on ne sait que peu de chose sur ce qui se passe dans les familles, chez les assistantes maternelles et à peine plus dans les lieux d’accueil collectifs. Tout laisse croire qu’il n’y a que dans ces derniers (les crèches) qu’il est possible d’avoir une action volontariste et que, pour le reste, les évolutions devront attendre l’évolution des idées dans la société. L’action publique reste bien limitée puisque 64 % des moins de 3 ans sont gardés par les parents ou grands-parents, 19 % chez des assistantes maternelles agréées, contre 13 % dans des établissements d’accueil du jeune enfant (chiffres DREES 2013)…

Le rapport de l’IGAS (par Brigitte Grésy et Philippe Georges) sur « l’égalité entre les filles et les garçons dans les modes d’accueil de la petite enfance » a recensé en 2012 les travaux sur la question, les expérimentations en cours et formulé des propositions. Quatre ans plus tard, le rapport de Sylviane Giampino remis en mai dernier à la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes et beaucoup plus large dans son objet « le développement global du jeune enfant », revient pour les reprendre à son compte sur les conclusions du rapport « Grésy » et fournir des éléments à Laurence Rossignol pour le « plan métiers » qu’elle annonce.

Constatant que la formation à la construction des identités sexuées est très rare chez les professionnel-le-s, en particulier chez les auxiliaires de puériculture et assistant-e-s maternel-le-s, les principales propositions consistent à développer la mixité des personnel-le-s de la petite enfance, au besoin par des mesures positives et à intégrer la socialisation différenciée des jeunes enfants en fonction du sexe dans les formations initiale et continue de ces professionnel-le-s.

Mais quels contenus et quelles recommandations pour les interactions entre enfants et personnel-le-s de l’accueil ? En pratique, comment nommer les différences anatomiques, comment orienter les comportements dans les relations entre filles et garçons, et avec les adultes ? Faut-il favoriser une attitude indifférenciée par principe, quitte à reproduire les schémas dominants, ou au contraire tenir compte au départ des différences sexuées pour mieux guider vers l’égalité ? De multiples questions restent ouvertes et placées sous une double orientation : celles des tendances cognitivistes d’une part, psychanalytiques d’autre part. Au-delà de ces questions théoriques qui ne sont pas nouvelles, il reste un foisonnement de pratiques dont ce dossier veut rendre compte.

50-50 magazine 

Dossier réalisé en collaboration avec le Centre de documentation du Planning Familial

L’égalité filles/garçons, ça commence par des lectures non sexistes à la crèche !

Il n’est pas toujours facile d’éduquer ses enfants à l’égalité, surtout lorsque la littérature pour enfants regorge de stéréotypes. Ainsi […]

Geneviève Cresson : « La crèche n’est pas une île, toute la société est concernée … »

Geneviève Cresson est professeure émérite en sociologie à l’université de Lille 1 et chercheuse au CLERSÉ (Centre lillois d’études et […]

A Toulouse, « Egalicrèche » fait des petit-e-s

Entre 2013 et 2014, le programme « Egalicrèche » à Toulouse a mené une recherche-action extrêmement édifiante sur les interactions socio-professionnelles observées […]

Qu’est–ce que la socialisation différenciée ?

Anne Dafflon Novelle et Geneviève Cresson sont toutes les deux chercheuses spécialisées dans le domaine de la petite enfance. Dans […]